Introduction
95% des sportifs qui utilisent des compléments alimentaires ont déjà testé la créatine. Pourtant, ce supplément reste entouré de nombreux mythes et d’une confusion persistante sur son fonctionnement réel et sa sécurité. Entre les affirmations exagérées du marketing et les craintes infondées qui circulent, il devient difficile de distinguer le vrai du faux.
La créatine est une molécule naturellement présente dans notre organisme, composée de trois acides aminés, qui joue un rôle essentiel dans la production d’énergie musculaire. Elle est l’un des compléments alimentaires les plus étudiés au monde, avec plus de 1 000 études scientifiques publiées à son sujet. Malgré cette abondance de recherches, les idées reçues persistent : « elle abîme les reins », « c’est un stéroïde », « elle est dangereuse »… Autant d’affirmations que nous allons déconstruire dans ce guide.
Ce guide complet vous apportera des réponses claires, scientifiques et actionnables sur tous les aspects de la créatine : sa définition exacte, son mécanisme d’action dans l’organisme, ses bienfaits réels et documentés, la manière optimale de l’utiliser, et surtout, la vérité sur sa sécurité. Que vous soyez sportif, étudiant, ou simplement curieux d’optimiser vos performances physiques et mentales, vous trouverez ici toutes les informations pour faire un choix éclairé.
Rassurez-vous : la créatine est légale en France et dans le monde entier, reconnue comme sûre par toutes les grandes autorités sanitaires internationales, et son efficacité est solidement établie par la science.
Qu’est-ce que la Créatine : Définition et Origine
La créatine est une molécule organique composée de trois acides aminés : l’arginine, la glycine et la méthionine. Contrairement à ce que beaucoup pensent, ce n’est ni une protéine, ni un stéroïde, ni une substance synthétique mystérieuse. Il s’agit d’un composé naturel que notre corps produit lui-même et que nous consommons également à travers notre alimentation.

Production endogène et sources naturelles
Notre organisme synthétise environ 1 gramme de créatine par jour, principalement au niveau du foie, des reins et du pancréas. Cette production endogène couvre une partie de nos besoins, mais pas la totalité, surtout si nous sommes physiquement actifs.
Les sources alimentaires de créatine se trouvent essentiellement dans les produits d’origine animale :
- Viande rouge (bœuf) : 4,5 g de créatine pour 100 g
- Hareng : 6,5 à 10 g pour 100 g
- Saumon : 4,5 g pour 100 g
- Porc : 5 g pour 100 g
- Thon : 4 g pour 100 g
- Poulet : 3,4 g pour 100 g
Il est important de noter que la cuisson dégrade partiellement la créatine. Pour obtenir les 3 à 5 grammes quotidiens recommandés via l’alimentation seule, il faudrait consommer environ 1 kg de viande rouge par jour, ce qui explique l’intérêt de la supplémentation pour les sportifs.
Les personnes végétariennes et véganes ont naturellement des réserves musculaires de créatine plus faibles, ce qui les rend particulièrement répondeurs à la supplémentation.
Découverte et histoire
La créatine a été découverte en 1832 par le chimiste français Michel Eugène Chevreul, qui l’a isolée à partir de tissu musculaire. Son nom dérive du grec « kreas » qui signifie « chair » ou « viande ». Cependant, son rôle dans la production d’énergie n’a été compris que bien plus tard, au début du 20ᵉ siècle.
L’utilisation de la créatine comme complément alimentaire a véritablement démarré dans les années 1990, après que des athlètes olympiques britanniques ont révélé l’utiliser lors des Jeux de Barcelone en 1992. Depuis, elle est devenue le complément alimentaire le plus populaire chez les sportifs.
Stockage dans l’organisme
Environ 95% de la créatine corporelle est stockée dans les muscles squelettiques, sous deux formes : la créatine libre (environ 40%) et la phosphocréatine (environ 60%). Les 5% restants se répartissent dans le cerveau, le foie, les reins et les testicules.
Un adulte de 70 kg possède environ 120 grammes de créatine dans son organisme, avec une capacité de stockage maximale pouvant atteindre 160 grammes. C’est cette capacité à « saturer » les muscles en créatine qui explique l’intérêt de la supplémentation : plus les réserves sont élevées (sans dépasser la saturation), plus la production d’énergie rapide est optimisée.
Notre corps élimine naturellement environ 2 grammes de créatine par jour sous forme de créatinine (un déchet métabolique), qui est filtrée par les reins et excrétée dans les urines. Cette déperdition doit être compensée par la production endogène et l’alimentation, ou par la supplémentation.
Le Mécanisme d’Action de la Créatine : Rôle dans la Production d’Énergie
Pour comprendre comment fonctionne la créatine, il faut d’abord saisir le fonctionnement énergétique de nos muscles. La créatine joue un rôle crucial dans la production d’ATP (adénosine triphosphate), la « monnaie énergétique » de nos cellules.
Le système phosphocréatine et la régénération de l’ATP
L’ATP est la seule source d’énergie directement utilisable par nos muscles. Lorsqu’un muscle se contracte, il décompose l’ATP en ADP (adénosine diphosphate) + phosphate, libérant ainsi l’énergie nécessaire au mouvement. Le problème ? Nos réserves d’ATP sont extrêmement limitées et s’épuisent en seulement 2 à 3 secondes d’effort intense.
C’est ici qu’intervient la phosphocréatine. Stockée dans les muscles, elle possède un groupe phosphate « à haute énergie » qu’elle peut céder rapidement à l’ADP pour reformer de l’ATP. Ce processus, quasi instantané, permet de régénérer l’ATP pendant les 8 à 10 premières secondes d’un effort explosif.
Le cycle fonctionne ainsi :
- ATP → ADP + Phosphate + Énergie (contraction musculaire)
- Phosphocréatine + ADP → Créatine + ATP (régénération)
- La créatine est ensuite « rechargée » pendant les phases de repos

Plus vos réserves de phosphocréatine sont élevées, plus vous pouvez régénérer d’ATP rapidement, et donc maintenir une intensité maximale plus longtemps. C’est exactement ce que permet la supplémentation en créatine : augmenter les réserves musculaires de phosphocréatine de 10 à 40%.
Les différents systèmes énergétiques
Notre organisme dispose de trois systèmes énergétiques qui se relaient selon l’intensité et la durée de l’effort :
1. Le système anaérobie alactique (phosphocréatine) : 0-10 secondes d’effort maximal
- Efforts explosifs et très courts
- Sprint, saut, lancer, levée de charges lourdes
- C’est le système directement influencé par la créatine
2. Le système anaérobie lactique (glycolyse) : 10 secondes à 2 minutes
- Efforts intenses mais moins courts
- 400m, séries de 8-12 répétitions en musculation
- Production d’acide lactique
3. Le système aérobie : au-delà de 2 minutes
- Efforts d’endurance
- Course longue distance, vélo, natation
- Utilise principalement les graisses et les glucides
La créatine améliore principalement le premier système, mais elle a aussi des effets indirects sur les deux autres en améliorant la récupération entre les efforts répétés.
Saturation musculaire : un concept clé
Vos muscles ont une capacité de stockage maximale en créatine, un peu comme un réservoir avec un niveau maximum. Une personne non supplémentée a généralement ses réserves remplies à 60-80% de leur capacité totale.
La supplémentation vise à atteindre une saturation optimale (90-100%), ce qui explique pourquoi les effets ne sont pas immédiats et pourquoi certaines personnes répondent mieux que d’autres. Une fois la saturation atteinte, les bénéfices se maintiennent tant que vous continuez à prendre de la créatine régulièrement.
Répondeurs vs non-répondeurs
Environ 20 à 30% des utilisateurs sont considérés comme « non-répondeurs », c’est-à-dire qu’ils ne constatent pas d’amélioration significative de leurs performances. Plusieurs facteurs expliquent cette variabilité :
- Niveau de saturation initial : les personnes ayant déjà des réserves élevées (carnivores, muscles à fibres rapides prédominantes) répondent moins
- Type de fibres musculaires : les fibres rapides (type II) stockent plus de créatine que les fibres lentes
- Régime alimentaire : les végétariens, qui ont des réserves plus basses, sont généralement d’excellents répondeurs
- Facteurs génétiques : certaines variations génétiques influencent le transport et le stockage de la créatine
Au-delà du muscle : cerveau et cœur
La créatine ne bénéficie pas qu’aux muscles squelettiques. Le cerveau, qui représente 2% du poids corporel mais consomme 20% de l’énergie, utilise également le système phosphocréatine pour ses fonctions cognitives. Des études montrent que la supplémentation en créatine peut améliorer la mémoire de travail, réduire la fatigue mentale et protéger les neurones.
Le muscle cardiaque contient aussi de la créatine et plusieurs études s’intéressent à son rôle potentiel dans la santé cardiovasculaire, notamment pour les personnes souffrant d’insuffisance cardiaque.
Bienfaits de la Créatine : Ce que Dit Vraiment la Science
La créatine est l’un des compléments alimentaires les plus étudiés au monde. Plus de 1 000 études scientifiques ont évalué ses effets, permettant d’établir un consensus solide sur ses véritables bienfaits. Voici ce que la recherche démontre réellement.
Amélioration des performances physiques
L’effet le plus documenté de la créatine concerne l’amélioration des performances lors d’efforts courts et intenses.
Augmentation de la force musculaire : Les méta-analyses montrent une amélioration de 5 à 15% de la force maximale après 4 à 12 semaines de supplémentation. Concrètement, si vous soulevez 100 kg au développé couché, vous pourriez gagner 5 à 15 kg sur votre charge maximale.
Gains en masse musculaire : Les études rapportent des gains moyens de 1 à 2 kg au cours des premières semaines, principalement dus à la rétention d’eau intramusculaire. Sur 8 à 12 semaines, combinée à un entraînement approprié, la créatine permet de gagner 0,5 à 1 kg de masse musculaire supplémentaire par rapport à un placebo.
Performance en efforts explosifs répétés : La créatine excelle dans les exercices nécessitant des sprints répétés ou des séries multiples avec récupération courte. Les études montrent :
- Amélioration de 5 à 15% du nombre de répétitions effectuées
- Réduction de la fatigue entre les séries
- Meilleure récupération après l’entraînement
Une méta-analyse de Rawson et Volek (2003) analysant 22 études a conclu que la créatine augmente la performance de 10 à 15% lors d’efforts de haute intensité, avec un effet dose-dépendant clairement établi.
Ces bénéfices s’appliquent particulièrement aux sports comme la musculation, le sprint, le rugby, le football, le crossfit, ou tout sport nécessitant des efforts explosifs répétés.
→ Découvrez comment optimiser vos gains avec la créatine et performance sportive
Bénéfices cognitifs
Au-delà des muscles, la créatine exerce des effets positifs sur les fonctions cérébrales, un aspect longtemps méconnu mais désormais bien documenté.
Amélioration de la mémoire de travail : Une étude de Rae et al. (2003) publiée dans Proceedings of the Royal Society B a démontré qu’une supplémentation de 5g/jour pendant 6 semaines améliorait significativement la mémoire de travail et l’intelligence fluide chez des jeunes adultes.
Réduction de la fatigue mentale : La créatine s’avère particulièrement efficace dans des situations de stress cognitif :
- Privation de sommeil : Des études montrent une amélioration des performances cognitives chez les personnes en manque de sommeil
- Tâches mentales prolongées : Réduction de la fatigue lors d’activités intellectuelles intenses
- Populations spécifiques : Les végétariens, ayant des réserves cérébrales plus faibles, montrent les améliorations les plus marquées
Effets neuroprotecteurs : Des recherches préliminaires suggèrent que la créatine pourrait protéger les neurones contre certains types de dommages, notamment lors de traumatismes crâniens ou d’hypoxie.
Une méta-analyse de Avgerinos et al. (2018) a confirmé des effets bénéfiques modérés mais significatifs sur diverses fonctions cognitives, en particulier la mémoire à court terme et le raisonnement.
Ces bénéfices intéressent particulièrement les étudiants, les travailleurs intellectuels, et toute personne souhaitant optimiser ses performances mentales.
→ Approfondissez les effets de la créatine sur les fonctions cognitives
Autres effets santé
La recherche continue de révéler des applications potentielles de la créatine au-delà du sport et de la cognition.
Propriétés neuroprotectrices : Des études précliniques et cliniques préliminaires suggèrent un potentiel intéressant pour :
- Maladie de Parkinson : Ralentissement possible de la progression des symptômes
- Maladie d’Alzheimer : Effets protecteurs sur la fonction mitochondriale neuronale
- Sclérose latérale amyotrophique (SLA) : Résultats mitigés mais certaines études montrent des bénéfices
Régulation de la glycémie : Plusieurs études indiquent que la créatine, combinée à un entraînement en résistance, pourrait améliorer le contrôle glycémique chez les personnes diabétiques ou pré-diabétiques, en augmentant la translocation du transporteur de glucose GLUT-4.
Prévention de la sarcopénie chez les seniors : La combinaison créatine + entraînement en résistance s’avère particulièrement efficace chez les personnes âgées pour :
- Maintenir la masse musculaire
- Améliorer la force et la fonctionnalité
- Réduire le risque de chutes
- Préserver l’autonomie
Une revue de Candow et al. (2014) publiée dans Nutrients a confirmé que la créatine présente un profil bénéfice/risque très favorable chez les adultes plus âgés.
Santé osseuse : Des études préliminaires suggèrent que la créatine pourrait avoir des effets positifs sur la densité osseuse, notamment chez les femmes ménopausées.
→ Bienfaits et Effets de la Créatine
Important : Ces bénéfices additionnels, bien que prometteurs, nécessitent encore des recherches complémentaires. La créatine ne doit pas être considérée comme un traitement médical, mais comme un complément alimentaire aux effets bien documentés sur la performance physique et cognitive.
Bénéfices de la Créatine par Population – Tableau Comparatif
| Population | Bénéfices Principaux | Dosage Recommandé | Applications Spécifiques | Niveau de Preuve |
|---|---|---|---|---|
| Athlètes de Force | • Augmentation de la force musculaire (10-15%) • Amélioration des performances en exercices explosifs • Augmentation de la masse musculaire maigre • Récupération accélérée entre les séries |
3-5g/jour (entretien) 20g/jour x 5-7 jours (charge) |
Haltérophilie, powerlifting, sprints, sports de combat | ⭐⭐⭐⭐⭐ Très élevé |
| Athlètes d’Endurance | • Amélioration des performances lors des efforts intermittents • Meilleure récupération post-effort • Optimisation des entraînements à haute intensité • Réduction de la fatigue musculaire |
3-5g/jour | Cyclisme, course à pied (fractionné), natation, triathlon | ⭐⭐⭐⭐ Élevé |
| Personnes Âgées (>50 ans) | • Prévention de la sarcopénie • Maintien de la masse musculaire • Amélioration de la force fonctionnelle • Réduction du risque de chutes • Amélioration de la densité osseuse (avec entraînement) |
3-5g/jour (combiné à l’exercice de résistance) |
Maintien de l’autonomie, prévention de la fragilité, amélioration de la qualité de vie | ⭐⭐⭐⭐ Élevé |
| Végétariens/Végétaliens | • Compensation des faibles niveaux endogènes • Augmentation significative des réserves musculaires • Amélioration cognitive plus marquée • Bénéfices physiques amplifiés |
3-5g/jour (bénéfices souvent plus marqués) |
Optimisation des performances physiques et cognitives en l’absence d’apports alimentaires | ⭐⭐⭐⭐⭐ Très élevé |
| Personnes en Rééducation | • Accélération de la récupération musculaire • Réduction de l’atrophie pendant l’immobilisation • Amélioration de la réhabilitation post-chirurgicale • Maintien de la force pendant la convalescence |
5-10g/jour (peut varier selon le protocole médical) |
Post-opératoire, blessures musculaires, périodes d’immobilisation | ⭐⭐⭐⭐ Élevé |
| Étudiants/Travailleurs Intellectuels | • Amélioration de la mémoire à court terme • Réduction de la fatigue mentale • Amélioration des performances cognitives sous stress • Meilleur traitement de l’information |
3-5g/jour | Périodes d’examens, travail intellectuel intense, privation de sommeil | ⭐⭐⭐ Modéré à élevé |
| Personnes Déprimées | • Potentiel effet antidépresseur (adjuvant) • Amélioration de l’humeur • Augmentation de l’énergie • Réduction de la fatigue |
5-10g/jour (sous supervision médicale) |
Traitement adjuvant de la dépression résistante, amélioration de l’efficacité des antidépresseurs | ⭐⭐⭐ Modéré |
| Patients avec Troubles Neurologiques | • Neuroprotection potentielle • Ralentissement du déclin cognitif • Amélioration de la fonction mitochondriale • Réduction du stress oxydatif |
Variable selon pathologie (5-20g/jour) |
Parkinson, Huntington, SLA, traumatismes crâniens (recherche en cours) | ⭐⭐⭐ Modéré (en recherche) |
| Adolescents Sportifs | • Amélioration des performances sportives • Développement musculaire sain • Récupération optimisée |
3-5g/jour (si >14 ans et pratique intensive) |
Sports de compétition chez les adolescents | ⭐⭐⭐ Modéré (surveillance recommandée) |
| Femmes Enceintes/Allaitantes | • Données insuffisantes • Utilisation NON recommandée par précaution |
Non applicable | Non recommandé | ⭐ Insuffisant |
Notes Importantes
Sécurité et Précautions
- La créatine est considérée comme l’un des suppléments les plus sûrs et les mieux étudiés
- Boire suffisamment d’eau (augmentation de la rétention hydrique intracellulaire)
- Consulter un professionnel de santé en cas de maladie rénale préexistante
- Privilégier la créatine monohydrate (forme la plus étudiée)
Facteurs Influençant les Bénéfices
- Répondeurs vs Non-répondeurs : ~20-30% des individus sont « non-répondeurs » (niveaux initiaux de créatine déjà élevés)
- Régime alimentaire : Les végétariens/végétaliens répondent généralement mieux
- Type d’entraînement : Les bénéfices sont maximisés avec un entraînement approprié
- Hydratation : Une bonne hydratation optimise les effets
Timing et Combinaisons
- Moment optimal : Post-entraînement avec glucides/protéines ou n’importe quel moment constant de la journée
- Combinaisons synergiques : Protéines, glucides, bêta-alanine (pour certaines populations)
- Cycles : Non nécessaires – la supplémentation continue est sûre et efficace
Ce tableau est basé sur la littérature scientifique actuelle. Les recommandations peuvent évoluer avec de nouvelles recherches.
Types de Créatine : Quelle Forme Choisir ?
Le marché des compléments alimentaires propose aujourd’hui une multitude de formes de créatine, chacune avec des promesses spécifiques. Mais toutes ne se valent pas, et certaines relèvent davantage du marketing que de la science.
Créatine monohydrate : le gold standard
La créatine monohydrate est de loin la forme la plus étudiée et la plus efficace. Composée d’une molécule de créatine liée à une molécule d’eau, elle représente 88% de créatine pure.
Pourquoi elle reste le meilleur choix :
- 98% des études scientifiques l’ont utilisée, démontrant son efficacité
- Rapport qualité-prix imbattable : c’est aussi la moins chère
- Absorption et biodisponibilité excellentes quand elle est prise correctement
- Sécurité établie par des décennies d’utilisation et d’études
- Recommandée par toutes les organisations scientifiques (ISSN, ACSM, EFSA)
Le label Creapure® : Il s’agit d’une marque allemande de créatine monohydrate garantissant une pureté supérieure à 99,9% et l’absence de contaminants. Bien que non indispensable, elle offre une garantie qualité supplémentaire.
Créatine micronisée : C’est simplement de la monohydrate dont les particules ont été réduites (jusqu’à 20 fois plus petites). Avantage : meilleure solubilité dans l’eau, moins de résidus au fond du verre, potentiellement moins de troubles digestifs. L’efficacité reste identique.
Créatine HCL (Hydrochloride)
La créatine HCL est liée à une molécule d’acide chlorhydrique, ce qui améliorerait théoriquement sa solubilité dans l’eau.
Les promesses marketing :
- Absorption supérieure nécessitant des doses plus faibles
- Aucune rétention d’eau
- Aucun ballonnement
La réalité scientifique : À ce jour, aucune étude peer-reviewed n’a démontré une supériorité de la créatine HCL sur la monohydrate en termes d’efficacité, d’absorption ou d’effets secondaires. Les doses recommandées (750mg à 1g) sont basées sur des calculs théoriques non validés scientifiquement.
Verdict : Prix nettement plus élevé sans bénéfice prouvé. La monohydrate reste préférable.
Kre-Alkalyn (créatine « tamponnée »)
La Kre-Alkalyn est une créatine avec un pH ajusté (tamponné) censé la rendre plus stable dans l’estomac et éviter sa conversion en créatinine (déchet métabolique).
Les promesses :
- Meilleure stabilité gastrique
- Pas de phase de charge nécessaire
- Conversion minimale en créatinine
La réalité : Une étude de Jagim et al. (2012) publiée dans le Journal of the International Society of Sports Nutrition n’a trouvé aucune différence entre la Kre-Alkalyn et la monohydrate en termes d’efficacité, de composition corporelle ou de marqueurs sanguins. De plus, la conversion de la créatine en créatinine dans l’estomac est négligeable même avec la monohydrate.
Verdict : Marketing avant tout. Aucun avantage démontré, prix plus élevé.
Créatine éthyl ester
La créatine éthyl ester est une créatine liée à un ester, théoriquement plus liposoluble et donc mieux absorbée par les cellules.
Les promesses : Meilleure biodisponibilité, pas de rétention d’eau, doses plus faibles nécessaires.
La réalité : Une étude de Spillane et al. (2009) a montré que la créatine éthyl ester était en fait MOINS efficace que la monohydrate. Elle se dégrade plus rapidement en créatinine dans le sang et produit moins d’augmentation des réserves musculaires.
Verdict : À éviter. Moins efficace et plus chère que la monohydrate.
Autres formes moins courantes
Créatine citrate : Créatine liée à de l’acide citrique. Meilleure solubilité mais contient seulement 40% de créatine pure (contre 88% pour la monohydrate). Nécessite donc des doses plus importantes.
Créatine malate : Créatine liée à de l’acide malique. Quelques études suggèrent une meilleure solubilité, mais pas de supériorité d’efficacité démontrée.
Créatine magnésium chélaté : Forme brevetée (MagnaPower®). Quelques études montrent des résultats prometteurs, mais le nombre de recherches reste limité.
Tableau Comparatif des formes de Créatine
| Forme & Description |
Biodisponibilité | Solubilité | Dose recommandée | Avantages | Inconvénients | Prix | Preuves scientifiques |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| CRÉATINE MONOHYDRATE Forme la plus étudiée, liée à une molécule d’eau |
Excellente (95-99%) | Moyenne à faible | Charge: 20g/j (5-7j) Maintenance: 3-5g/j |
• Efficacité prouvée • Prix abordable • Sécurité démontrée • ↑ Force et masse |
• Troubles digestifs possibles • Rétention d’eau • Solubilité limitée |
€10-25/kg | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| CRÉATINE MICRONISÉE Monohydrate en particules 20x plus fines |
Légèrement supérieure | Meilleure | 3-5g/jour | • Meilleure solubilité • Moins de troubles digestifs • Absorption rapide |
• Prix légèrement supérieur • Pas de différence majeure |
€15-30/kg | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| CRÉATINE ETHYL ESTER Créatine avec groupe ester |
Controversée | Bonne | 3-5g/jour | • Théorie d’absorption améliorée | • Études montrent INFÉRIORITÉ • Dégradation rapide • Prix élevé |
€30-50/kg | ⭐⭐ |
| CRÉATINE HCL Liée à l’acide chlorhydrique |
Potentiellement supérieure | Excellente (38x) | 1-2g/jour | • Excellente solubilité • Doses plus faibles • Moins de ballonnements |
• Manque d’études • Prix très élevé |
€50-80/kg | ⭐⭐⭐ |
| CRÉATINE TAMPONNÉE (Kre-Alkalyn) pH tamponné pour résister à l’acidité |
Similaire monohydrate | Moyenne | 3-5g/jour | • Stabilité théorique | • Aucune supériorité prouvée • Prix élevé |
€40-70/kg | ⭐⭐ |
| CRÉATINE MALATE Liée à l’acide malique |
Bonne | Supérieure | 3-6g/jour | • Meilleure solubilité • Support cycle de Krebs • Bon goût |
• Peu d’études • Prix élevé • Moins de créatine pure |
€30-50/kg | ⭐⭐⭐ |
| CRÉATINE NITRATE Liée à un groupe nitrate |
Bonne | Excellente (10x) | 1-3g/jour | • Excellente solubilité • ↑ Oxyde nitrique • Doses faibles |
• Peu d’études • Prix très élevé |
€60-100/kg | ⭐⭐ |
RECOMMANDATIONS PAR PROFIL
🎯 Débutant avec budget limité
→ CRÉATINE MONOHYDRATE
Le meilleur rapport qualité-prix-efficacité
🤢 Troubles digestifs
→ CRÉATINE HCL ou MICRONISÉE
Meilleure tolérance digestive
🏃 Athlètes d’endurance
→ CRÉATINE MALATE
Soutien du métabolisme aérobie
💧 Éviter rétention d’eau
→ CRÉATINE HCL
Moins de rétention apparente
🏆 Compétiteurs (budget illimité)
→ CRÉATINE MONOHYDRATE Creapure®
Toujours la référence
AUTRES FORMES MOINS RÉPANDUES
- Créatine Magnésium Chelate: Combine créatine et magnésium, peu d’études (€40-60/kg)
- Créatine Gluconate: Liée au glucose, peu d’avantages prouvés (€35-55/kg)
- Créatine Pyruvate: Liée à l’acide pyruvique, études limitées (€50-80/kg)
CONCLUSION
Malgré l’innovation continue dans le domaine des suppléments, la créatine monohydrate reste la forme de référence avec le meilleur rapport efficacité-coût-sécurité.
Nos recommandations:
- Premier choix: Créatine Monohydrate (idéalement Creapure®)
- Alternative si troubles digestifs: Créatine Micronisée ou HCL
- Pour sportifs d’endurance: Créatine Malate (en complément)
La créatine micronisée représente une amélioration pratique pour ceux qui recherchent une meilleure solubilité. La créatine HCL peut être intéressante pour les personnes sensibles aux troubles digestifs, mais son prix élevé et le manque d’études à long terme doivent être considérés.
Les autres formes manquent généralement de preuves scientifiques solides pour justifier leur prix premium. Dans le doute, la créatine monohydrate de qualité reste le choix le plus judicieux pour la grande majorité des utilisateurs.
⚠️ AVERTISSEMENT IMPORTANT
Consultez toujours un professionnel de santé avant de commencer une supplémentation en créatine, particulièrement si vous:
- Avez des problèmes rénaux
- Prenez des médicaments
- Êtes enceinte ou allaitez
- Avez moins de 18 ans
- Souffrez de problèmes de santé chroniques
La créatine est sûre pour la grande majorité des personnes en bonne santé, mais un avis médical est toujours recommandé.
Le verdict final
Pour 95% des utilisateurs, la créatine monohydrate reste le choix optimal, de préférence sous forme micronisée si vous avez des sensibilités digestives, et idéalement avec le label Creapure® pour une garantie de pureté maximale.
Les autres formes ne présentent pas d’avantages scientifiquement établis qui justifieraient leur surcoût. Les organisations scientifiques de référence (ISSN, ACSM) recommandent unanimement la monohydrate.
→ Découvrez pourquoi la créatine monohydrate est la meilleure forme
Comment Prendre la Créatine : Guide Pratique Rapide
La manière dont vous prenez la créatine influence directement son efficacité. Voici les recommandations basées sur les données scientifiques les plus récentes.
Dosage recommandé
Deux protocoles sont possibles, tous deux efficaces :
Protocole avec phase de charge (optionnel) :
- Phase de charge : 20 grammes par jour, répartis en 4 prises de 5g, pendant 5 à 7 jours
- Phase d’entretien : 3 à 5 grammes par jour en une seule prise
- Avantage : Saturation des muscles atteinte en une semaine
- Inconvénient : Risque accru de troubles digestifs, coût plus élevé initialement
Protocole sans phase de charge (recommandé pour la plupart) :
- Dose quotidienne constante : 3 à 5 grammes par jour dès le début
- Saturation : Atteinte en 3 à 4 semaines
- Avantages : Moins de troubles digestifs, protocole plus simple, économique
- Résultat final identique à la phase de charge
Ajustement selon le poids corporel : Bien que 3-5g conviennent à la majorité, vous pouvez affiner avec 0,1 g/kg de poids corporel pour la dose d’entretien :
- 60 kg = 6g/jour en charge ou 3g/jour en entretien
- 80 kg = 8g/jour en charge ou 4g/jour en entretien
- 100 kg = 10g/jour en charge ou 5g/jour en entretien
Important : La créatine n’est pas un produit à « doser au feeling ». Une fois la saturation atteinte, prendre plus n’apporte aucun bénéfice supplémentaire. L’excédent est simplement éliminé par les reins.
Meilleur moment de prise
La question du timing fait débat, mais les recherches récentes apportent des éclaircissements.
Jours d’entraînement :
- Après l’entraînement semble légèrement plus efficace, selon une étude de Cribb et Hayes (2006)
- Avec un repas post-entraînement contenant des glucides et des protéines optimise l’absorption
- L’important : la prendre près de l’entraînement (avant ou après) plutôt que le matin à jeun
Jours de repos :
- Le moment importe peu : prenez-la quand c’est pratique pour vous
- Avec un repas reste préférable pour l’absorption
- La régularité compte plus que le timing précis
Pourquoi les glucides aident : L’insuline (sécrétée en réponse aux glucides) favorise le transport de la créatine dans les muscles. Associer votre créatine à 30-50g de glucides peut améliorer son absorption de 25%.
À jeun ou avec nourriture ? Avec nourriture est préférable pour :
- Réduire les troubles digestifs
- Améliorer l’absorption via l’insuline
- Éviter les nausées
Durée et cycles
Contrairement à une idée reçue tenace, la créatine ne nécessite pas de cycles.
Utilisation continue :
- Aucune étude n’a démontré de problème avec une utilisation continue sur plusieurs années
- Les récepteurs ne se « désensibilisent » pas comme avec certaines substances
- Votre corps ne cesse pas de produire sa propre créatine (mythe fréquent)
- Les bénéfices se maintiennent tant que vous continuez la supplémentation
Si vous souhaitez faire une pause :
- 2 à 4 semaines suffisent pour que les réserves reviennent à leur niveau de base
- Aucun bénéfice particulier à faire cette pause (ce n’est pas nuisible, mais pas nécessaire)
- Les effets cessent 4 à 6 semaines après l’arrêt
Cas particuliers nécessitant un arrêt temporaire :
- Période de restriction calorique extrême (régime très sévère)
- Préparation à certaines compétitions où le poids sur la balance compte
- Interventions chirurgicales (par précaution, consultez votre médecin)
La science est claire : selon la position de l’International Society of Sports Nutrition (Kreider et al., 2017), « la créatine monohydrate peut être consommée en toute sécurité par des adultes en bonne santé sur le long terme, sans nécessité de cycles. »
→ Consultez le guide complet sur comment prendre la créatine de manière optimale
Créatine Danger ou Sûre ? Démêler le Vrai du Faux
La créatine est probablement le complément alimentaire qui génère le plus de peurs infondées. Séparons les mythes de la réalité scientifique.
Idées reçues à déconstruire
❌ « La créatine abîme les reins »
La vérité : C’est le mythe le plus répandu et le plus faux. Chez les personnes en bonne santé, aucune étude n’a jamais démontré d’effet néfaste de la créatine sur la fonction rénale, même avec des doses élevées sur plusieurs années.
D’où vient cette confusion ? La créatine augmente le taux de créatinine dans le sang, un marqueur souvent utilisé pour évaluer la fonction rénale. Mais cette élévation est normale et attendue car la créatinine est simplement le déchet métabolique de la créatine. Vos reins fonctionnent parfaitement, ils éliminent juste plus de créatinine parce que vous en produisez plus.
Les études long terme : Une revue de Gualano et al. (2012) portant sur des études de supplémentation allant jusqu’à 5 ans n’a relevé aucun effet délétère sur les reins chez les sujets sains. L’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments) a confirmé cette sécurité en 2004 et 2016.
Nuance importante : Les personnes avec une maladie rénale pré-existante doivent consulter un médecin avant toute supplémentation.
❌ « C’est un stéroïde anabolisant »
La vérité : Non, absolument pas. La créatine est une molécule naturelle produite par votre corps et présente dans votre alimentation. Elle n’a aucun lien avec les hormones stéroïdiennes (testostérone, etc.).
Différences fondamentales :
- Les stéroïdes sont des hormones qui modifient l’expression génétique
- La créatine est un substrat énergétique, comme les glucides
- Les stéroïdes ont des effets secondaires hormonaux graves
- La créatine est dépourvue d’effets hormonaux
La confusion vient probablement du fait que les deux peuvent augmenter la masse musculaire, mais par des mécanismes totalement différents.
❌ « Elle est interdite »
La vérité : La créatine est 100% légale en France, en Europe, aux États-Unis et dans la quasi-totalité des pays du monde. Elle n’apparaît sur aucune liste de substances interdites de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA/WADA).
Statut réglementaire :
- Reconnue comme sûre par l’EFSA (Europe)
- Approuvée par la FDA (États-Unis)
- Autorisée par l’ANSES (France)
- Utilisée légalement par les athlètes professionnels
❌ « Elle provoque des crampes »
La vérité : Les études scientifiques n’ont pas établi de lien causal entre créatine et crampes. Au contraire, certaines recherches suggèrent qu’elle pourrait même réduire les crampes en améliorant l’hydratation intramusculaire.
Une méta-analyse de Lopez et al. (2009) portant sur des athlètes universitaires n’a trouvé aucune augmentation de l’incidence des crampes chez les utilisateurs de créatine comparés aux non-utilisateurs.
Si vous expérimentez des crampes :
- Assurez-vous d’être bien hydraté (la créatine augmente les besoins en eau)
- Vérifiez votre apport en électrolytes (sodium, potassium, magnésium)
- Les crampes ont généralement d’autres causes (déshydratation, carence minérale, entraînement trop intense)
❌ « Elle fait perdre les cheveux »
La vérité : Il n’existe qu’une seule étude (van der Merwe et al., 2009) ayant montré une augmentation de la DHT (dihydrotestostérone, hormone liée à la chute des cheveux) chez des rugbymen sud-africains. Cette étude est hautement controversée car :
- Elle n’a jamais été répliquée malgré de nombreuses tentatives
- L’augmentation de DHT restait dans les limites normales
- Aucun participant n’a effectivement perdu ses cheveux
- Les centaines d’autres études n’ont jamais observé cet effet
Consensus scientifique actuel : Il n’y a pas de preuve suffisante pour établir un lien entre créatine et perte de cheveux. Si vous avez une prédisposition génétique à la calvitie, consultez un dermatologue, mais la créatine n’est probablement pas le coupable.
Effets secondaires réels mais mineurs
La créatine n’est pas totalement dépourvue d’effets, mais ceux-ci sont bénins et gérables.
Rétention d’eau intramusculaire (1-2 kg) :
- C’est normal et recherché : l’eau est stockée dans les muscles, pas sous la peau
- Temporaire : se stabilise après 2-3 semaines
- Ne donne pas un aspect « gonflé » ou bouffi
- Solution : Aucune, c’est un effet positif contribuant à l’anabolisme
Troubles digestifs possibles :
- Ballonnements, nausées, diarrhée chez certaines personnes
- Causes : Dose trop élevée d’un coup, prise à jeun, qualité de la créatine
- Solutions :
- Répartir les doses (si phase de charge)
- Prendre avec un repas
- Opter pour la forme micronisée
- Éviter la phase de charge
- Boire suffisamment d’eau
Prise de poids :
- 1-3 kg en moyenne, principalement de l’eau puis du muscle
- Pas un « effet secondaire » pour ceux qui cherchent à gagner du muscle
- Peut être un problème pour les sports à catégories de poids (combat, haltérophilie)
Contre-indications et précautions
Qui devrait éviter ou consulter avant de prendre de la créatine :
Contre-indications formelles :
- Personnes avec maladies rénales (insuffisance rénale, calculs rénaux)
- Enfants et adolescents de moins de 18 ans (par principe de précaution, pas de données suffisantes)
- Femmes enceintes ou allaitantes (manque de données sur la sécurité)
Précautions / Consultation médicale recommandée :
- Diabète (la créatine peut influencer la glycémie, mais plutôt positivement)
- Hypertension (certains prétendent un risque théorique, non confirmé par la littérature)
- Prise de médicaments affectant les reins (consultez votre médecin)
- Troubles hépatiques
- Antécédents de troubles bipolaires (cas isolés de manie rapportés)
Interactions médicamenteuses potentielles :
- Médicaments néphrotoxiques (qui affectent les reins)
- Caféine à très haute dose (certaines études suggèrent une interaction, d’autres non)
- Diurétiques (augmentation théorique du stress rénal)
Recommandation générale : Si vous avez le moindre doute sur votre état de santé, consultez un professionnel de santé avant de commencer toute supplémentation. La créatine est sûre, mais le principe de précaution s’applique comme pour tout complément.
Pour Qui la Créatine est-elle Recommandée ?
La créatine n’est pas réservée aux bodybuilders. Un large éventail de profils peut bénéficier de cette supplémentation.
Profils bénéficiaires
Pratiquants de musculation et sports de force :
- Population la plus étudiée et celle qui tire le plus de bénéfices
- Gains de force de 5-15%, gains de masse de 1-2 kg
- Amélioration du volume d’entraînement (plus de répétitions, de séries)
- Sports concernés : musculation, haltérophilie, powerlifting, strongman
Athlètes de sports à efforts répétés :
- Sports nécessitant des sprints ou efforts explosifs multiples
- Sports concernés : football, rugby, basketball, hockey, tennis, crossfit, sports de combat
- Bénéfices : Récupération plus rapide entre les efforts, maintien de l’intensité, réduction de la fatigue
Personnes végétariennes et véganes :
- Déficit naturel car la créatine provient principalement de la viande et du poisson
- Réserves musculaires 20-30% plus basses que les omnivores
- Répondent particulièrement bien à la supplémentation
- Recommandation forte pour cette population
Seniors (plus de 50-60 ans) :
- Prévention de la sarcopénie (perte musculaire liée à l’âge)
- Amélioration de la force, de la fonctionnalité et de la qualité de vie
- Combinaison créatine + entraînement en résistance particulièrement efficace
- Études montrent des bénéfices sur l’autonomie et la réduction du risque de chutes
Étudiants et travailleurs intellectuels :
- Amélioration des fonctions cognitives : mémoire de travail, concentration
- Réduction de la fatigue mentale lors de tâches prolongées
- Particulièrement utile lors de périodes d’examens ou de charge de travail élevée
- Effets plus marqués chez les végétariens et en cas de privation de sommeil
Sportifs d’endurance :
- Bien que moins évidents, des bénéfices existent :
- Amélioration des séances de fractionné (sprints répétés)
- Récupération accélérée entre les entraînements intenses
- Maintien de la masse musculaire en période de volume élevé
- Attention : La prise de poids initiale (eau) peut être un inconvénient pour certains
Profils déconseillés
Mineurs de moins de 18 ans :
- Principe de précaution : manque de données sur la sécurité à long terme chez cette population
- Le système hormonal est encore en développement
- Exception possible : athlètes de haut niveau sous supervision médicale stricte
- Priorité : alimentation équilibrée et entraînement adapté
Personnes avec pathologies rénales :
- Insuffisance rénale (aiguë ou chronique)
- Calculs rénaux (lithiase)
- Toute maladie affectant la filtration rénale
- Raison : Bien que la créatine ne cause pas de problèmes rénaux, elle augmente la charge de travail des reins
Femmes enceintes ou allaitantes :
- Absence de données de sécurité pendant la grossesse
- Principe de précaution appliqué
- Recommandation : éviter toute supplémentation non essentielle durant ces périodes
Personnes avec troubles bipolaires :
- Cas isolés de déclenchement d’épisodes maniaques rapportés
- Mécanisme non élucidé, lien de causalité incertain
- Par précaution : éviter ou consulter un psychiatre
→ Découvrez si la créatine est adaptée aux femmes
Questions Fréquentes sur la Créatine
1. Quel est le rôle de la créatine ?
La créatine joue un rôle essentiel dans la production d’énergie rapide au niveau musculaire. Elle permet de régénérer l’ATP (adénosine triphosphate), la molécule énergétique utilisée par les muscles lors d’efforts courts et intenses. Stockée principalement dans les muscles sous forme de phosphocréatine, elle cède rapidement son groupement phosphate pour reformer de l’ATP et maintenir la contraction musculaire. Ce système est crucial pour les efforts explosifs de 0 à 10 secondes.
2. Quel est le danger de la créatine ?
Chez les personnes en bonne santé, la créatine ne présente aucun danger établi scientifiquement. Les effets secondaires rapportés sont mineurs : rétention d’eau intramusculaire (1-2 kg), troubles digestifs occasionnels si mal dosée, et prise de poids. Les mythes sur les dommages rénaux, les crampes ou la perte de cheveux ne sont pas soutenus par la littérature scientifique. Plus de 1000 études confirment sa sécurité. Les personnes avec maladies rénales, femmes enceintes et mineurs doivent éviter par précaution.
3. Quel aliment contient de la créatine ?
La créatine se trouve principalement dans les produits animaux : le hareng (6,5-10g/100g), le bœuf (4,5g/100g), le porc (5g/100g), le saumon (4,5g/100g), le thon (4g/100g) et le poulet (3,4g/100g). Les végétaux n’en contiennent pas. La cuisson dégrade partiellement la créatine. Pour atteindre la dose quotidienne optimale de 3-5g via l’alimentation seule, il faudrait consommer environ 1 kg de viande rouge par jour, d’où l’intérêt de la supplémentation pour les sportifs.
4. Pourquoi la créatine est interdite ?
C’est une idée reçue totalement fausse. La créatine n’est PAS interdite. Elle est 100% légale en France, en Europe, aux États-Unis et dans la quasi-totalité des pays. Elle n’apparaît sur aucune liste de substances prohibées de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA/WADA). La créatine est reconnue comme sûre par l’EFSA (Europe), la FDA (États-Unis) et l’ANSES (France). Les athlètes professionnels peuvent l’utiliser en toute légalité dans toutes les compétitions.
5. Comment fonctionne la créatine ?
La créatine augmente les réserves musculaires de phosphocréatine, qui sert de réservoir d’énergie rapide. Lors d’un effort intense, l’ATP se décompose en ADP + phosphate, libérant l’énergie nécessaire à la contraction. La phosphocréatine cède immédiatement son phosphate à l’ADP pour régénérer l’ATP. Plus vos réserves sont élevées, plus vous maintenez une intensité maximale longtemps. La supplémentation augmente ces réserves de 10 à 40%, améliorant force, puissance et récupération entre les efforts.
6. Quels sont les effets de la créatine sur le corps ?
Les effets scientifiquement démontrés incluent : augmentation de la force musculaire (5-15%), gains de masse musculaire (1-2 kg eau + 0,5-1 kg muscle sur 8-12 semaines), amélioration des performances en efforts explosifs répétés, récupération accélérée entre séries, bénéfices cognitifs (mémoire de travail, réduction fatigue mentale), propriétés neuroprotectrices potentielles, et prévention de la sarcopénie chez les seniors. Les effets apparaissent après 2-4 semaines de supplémentation régulière à 3-5g/jour.
7. Est-ce que le corps produit de la créatine ?
Oui, le corps synthétise naturellement environ 1 gramme de créatine par jour, principalement dans le foie, les reins et le pancréas, à partir de trois acides aminés : l’arginine, la glycine et la méthionine. Cette production endogène couvre partiellement nos besoins, mais pas totalement, surtout pour les personnes physiquement actives. C’est pourquoi nous devons aussi en obtenir via l’alimentation (viandes, poissons) ou la supplémentation pour maintenir des réserves musculaires optimales.
8. Combien de temps avant de voir les résultats ?
Avec une phase de charge (20g/jour pendant 5-7 jours), les effets apparaissent en 1 semaine. Sans phase de charge (3-5g/jour constant), comptez 3 à 4 semaines pour atteindre la saturation musculaire. Les premiers signes incluent une légère prise de poids (eau intramusculaire), puis une amélioration progressive de la force et du volume d’entraînement. Les gains de masse musculaire deviennent visibles après 8 à 12 semaines combinées à un entraînement approprié. La patience est essentielle.
9. Faut-il faire une pause dans la prise de créatine ?
Non, les cycles ne sont pas nécessaires. Contrairement à une idée reçue, aucune étude n’a démontré de problème avec une utilisation continue sur plusieurs années. Les récepteurs ne se désensibilisent pas, votre corps ne cesse pas de produire sa propre créatine, et les bénéfices se maintiennent tant que vous continuez la supplémentation. L’International Society of Sports Nutrition confirme que la créatine peut être consommée en toute sécurité à long terme sans cycles. Si vous souhaitez arrêter, les réserves reviennent au niveau de base en 4-6 semaines.
10. La créatine fait-elle grossir ?
La créatine entraîne une prise de poids de 1 à 3 kg en moyenne, principalement due à la rétention d’eau intramusculaire (dans les muscles, pas sous la peau). Cette eau contribue à l’anabolisme et n’est pas de la graisse. Après 8-12 semaines d’entraînement, vous gagnerez également 0,5 à 1 kg de masse musculaire supplémentaire par rapport à un entraînement sans créatine. Elle ne fait pas « grossir » au sens péjoratif : elle augmente le volume musculaire, ce qui est généralement recherché. Pour les sports à catégories de poids, cet effet peut nécessiter une gestion.
Conclusion
La créatine est l’un des compléments alimentaires les plus efficaces, les plus sûrs et les mieux documentés scientifiquement. Après plus de trois décennies de recherches et plus de 1 000 études, le consensus est clair :
Les points clés à retenir :
- ✅ Efficacité prouvée : Amélioration de 5-15% de la force, gains de 1-2 kg de masse musculaire, bénéfices cognitifs établis
- ✅ Sécurité confirmée : Aucun danger pour les personnes en bonne santé, même sur le long terme
- ✅ Simplicité d’utilisation : 3-5g par jour suffit, pas besoin de cycles
- ✅ Polyvalence : Bénéfices pour sportifs, étudiants, seniors, végétariens
- ✅ Rapport qualité-prix : La créatine monohydrate reste le meilleur choix
Les mythes sont désormais déconstruits : non, elle n’abîme pas les reins, ce n’est pas un stéroïde, elle n’est pas interdite, et elle ne provoque pas de crampes ou de perte de cheveux chez la grande majorité des utilisateurs.
Pour une utilisation optimale, privilégiez la créatine monohydrate (idéalement micronisée avec label Creapure), prenez 3-5 grammes par jour de façon continue, de préférence avec un repas contenant des glucides, et soyez patient : les effets se manifestent pleinement après 3-4 semaines.
La créatine n’est pas un produit miracle, mais un outil efficace et sûr pour optimiser vos performances physiques et mentales. Utilisée intelligemment, dans le cadre d’un entraînement cohérent et d’une alimentation équilibrée, elle peut vous aider à franchir un cap dans vos objectifs.
Prêt à approfondir ? Consultez nos guides spécialisés pour aller plus loin :
- → Bienfaits et Effets de la Créatine : Analyse détaillée de tous les bénéfices scientifiquement prouvés
- → Comment Prendre la Créatine : Protocoles complets et optimisation de la supplémentation
- → Créatine et Performance Sportive : Applications spécifiques selon votre discipline
Sources scientifiques citées :
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